Déclinaison sectorielle de notre étude sur la place de la REP dans l'économie circulaire
Les échanges ont mis en évidence plusieurs enjeux structurants pour accélérer le réemploi du mobilier professionnel.
Plusieurs pistes ont été évoquées pour structurer l'information produit :
Les participants ont identifié des freins opérationnels majeurs :
Objectif partagé par l'ensemble des membres de la filière : intervenir plus en amont dans les projets pour limiter les incertitudes.
Un consensus fort s'est dégagé autour du besoin d'outils numériques :
Plusieurs sujets liés au financement ont été abordés :
Des pistes structurantes ont émergé :
avec Smartback, Emmaüs et Éco-Maison
Présentation des participants et activitésÉvolution des obstacles dans le temps
Méconnaissance des filières par les professionnels.
Problèmes logistiques : disponibilité, volumes, prix, qualité.
Capacité à convaincre les clients.
Freins actuels côté clients
Étude Actinéo : 66 % des salariés acceptent le mobilier d'occasion, même dépareillé.
Au-delà des constats réglementaires, cette table ronde a mis en lumière l'émergence d'une ambition collective : faire de l'économie circulaire la matrice d'un nouveau projet sociétal, économique et écologique global.
En amont des débats, la restitution de l'étude menée pendant 18 mois par EC2027 avec le soutien de l'ADEME a posé un diagnostic sans concession : la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) ne peut plus être « l'alpha et l'oméga » de la transition. Les analyses révèlent trois limites systémiques majeures qui bloquent aujourd'hui le changement d'échelle des modèles circulaires.
Une focalisation excessive sur le recyclage des déchets, au détriment de la réparation et du réemploi.
Une dépendance trop forte à la REP, alors que d'autres leviers sont indispensables : industrie, fiscalité, formation, innovation, financement, réglementation.
Une gouvernance centrée sur les producteurs, laissant une place limitée aux autres acteurs de la création de valeur.
Un message fort à retenir : l'économie circulaire est devenue un projet industriel de souveraineté.
infrastructures matures, indicateurs au rendez-vous — mais la fiabilité décroche
Au rendez-vous
Signaux d'alerte
quelles limites imputables à la REP, quelles limites imputables à d'autres leviers ?
L'allongement de la durée de vie peine à trouver un équilibre financier stable. 70 % de l'occasion transite directement de particulier à particulier (C2C), privant les reconditionneurs professionnels des meilleurs flux.
La filière est prise en étau : un amont qui ne conçoit pas durable — l'éco-conception reste le point mort des arbitrages de la REP, faute de bonus-malus assez agressifs — et un aval qui manque de réparateurs, ces métiers moins rémunérateurs n'attirant plus les jeunes.
« Peut-on être payeur parce que pollueur, acteur du réemploi et décideur sur la répartition du gisement à la fois ? » L'État doit mieux contrôler la loi AGEC, réguler les « passagers clandestins » qui contournent l'éco-contribution, et cesser de voir la REP comme l'unique levier.
Monopole des flux : les acteurs traditionnels captent à la source les 10 à 15 % d'appareils à forte valeur, fragilisant les structures solidaires. Low-cost étranger : les importations massives à bas coût (notamment de Chine) écrasent les prix et asphyxient le réemploi local.
quelle place pour la REP, quels autres outils actionner ?
L'économie circulaire s'impose comme un levier de compétitivité, de réindustrialisation et de souveraineté.
Elle conditionne réparabilité, réemploi et recyclage : jusqu'à 80 % des freins à la circularité se jouent dès la conception, selon l'ADEME.
La France dépend à 90 % des importations sur réfrigérateurs, lave-vaisselles et lave-linges. Le réemploi et la remanufacture pèsent déjà 1,5 Md€ de valeur ajoutée, avec un potentiel de 20 000 à 30 000 emplois locaux d'ici 2030.
Contrairement à l'automobile (75 % de seconde main) ou aux smartphones, le GEM demande du temps long et de la visibilité sur la demande. La mauvaise application de l'article 58 de la loi AGEC prive les industriels de débouchés publics stables. Il ne s'agit plus d'inventer les solutions, mais de les rendre robustes économiquement.
La lenteur fragilise les pionniers faute de volumes. Pour accélérer, il faut un nouvel imaginaire axé sur la fierté de réparer — un « nouvel âge des lumières » contre la débauche électronique complexe qui érode la durabilité.
La révision de la REP D3E (directive européenne et cahier des charges français à partir de fin 2026) est l'occasion d'ajuster l'outil sans renier ses acquis.
L'économie circulaire est désormais un enjeu de souveraineté économique, industrielle et stratégique, dans un contexte de compétition mondiale pour l'accès aux ressources. Si la REP demeure fondée sur le principe du pollueur-payeur, elle doit s'inscrire dans une stratégie nationale plus ambitieuse, cohérente et territorialisée.
Les leviers prioritaires
Le changement d'échelle passera par
Conclusion de Marta De Cidrac, Sénatrice des Yvelines, Vice-Présidente de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, Présidente du Groupe d'études du Sénat sur l'économie circulaire.